Broadchurch.

Depuis deux semaines, France 2 diffuse la série britannique Broadchurch à raison de trois épisodes tous les lundis. Sachant qu’il n’y a que 8 épisodes pour la saison 1, vous n’aurez sûrement pas le temps de les rattraper. Néanmoins, saluons la démarche de France 2 car il est malheureusement rare de voir nos chaînes françaises diffuser de petites perles inconnues du grand public.

Les falaises, la plage, la mer... Zones de crime à passer au crible

Les falaises, la plage, la mer… Zones de crime à passer au crible

Alertée par les publicités de présentation sur la chaîne, je me suis procuré la série par des voies obscures sur le non moins obscur Internet. Après avoir visionné les 8 épisodes avec enthousiasme, me voici à même de vous en faire un compte-rendu.

Broadchurch est porté par David Tennant, un acteur connu pour son rôle dans Doctor Who, ou pour les moins adeptes de séries, il a également joué Barty Croupton Junior dans Harry Potter et la Coupe de Feu. Oui, c’était lui le fou prenant la place de Maugrey Fol Œil et sortant toujours sa langue dans une grimace dérangeante. Les bases sont posées. David Tennant joue le rôle d’Alec Hardy, un commissaire de police un peu étrange qui débarque dans la petite ville côtière de Broadchurch pour enquêter sur le meurtre d’un enfant de 11 ans, Danny Latimer. Il se retrouve à faire équipe avec la détective Ellie Miller qui est également la mère du meilleur ami de Danny.

Alec Hardy et Ellie Miller, pour vous servir

Alec Hardy et Ellie Miller, pour vous servir

A la manière d’un étranger, le spectateur débarque dans la petite ville où tout le monde se connaît, tout comme notre bon commissaire Hardy. Les regards se font suspects, les habitants se dévisagent. Mais qui donc a pu faire quelque chose d’aussi terrible ? Tuer un enfant, c’est laisser sa famille dans une incompréhension et une tristesse infinies. Là est aussi la qualité de la série, on assiste au deuil des Latimer avec réalisme et intensité. Les acteurs donnent une dimension si réelle à cette histoire que nous sommes transportés à Broadchurch avec eux.

Papa Latimer et Maman Latimer, pas très heureux

Papa Latimer et Maman Latimer, pas très heureux

Les 8 épisodes permettent à l’enquête de s’installer. Le temps est donné aux personnages pour se montrer sous un jour différent et ainsi nous permettre de les voir chacun en position du suspect. On donne aussi du temps au duo d’Hardy et Miller pour sonder la population mais aussi de commettre des erreurs. A l’époque de la déclinaison de séries policières rôdées comme les Experts qui développe la recherche du meurtrier en un épisode, il est très intéressant d’assister à une enquête à échelle humaine.

Mais qui c'est qu'a tué, à la fin là ?!

Mais qui c’est qu’a tué, à la fin là ?!

De plus, en marge de l’enquête, on assiste au travail des journalistes de la ville mais également du traitement de l’information par des journaux nationaux. Il est toujours intéressant de développer cet aspect de notre société.

Enfin, si vous avez un petit cœur tout mou qui gère mal l’émotion, faites attention à vous. Par bien des aspects, Broadchurch vous titille les tripes. Entre le deuil de la famille du garçon (mention spéciale pour Beth, la maman, qui m’a emmené dans son désarroi avec force et douleur), le suspense de l’enquête bien sûr, mais aussi l’aversion ressentie envers certains personnages, vous ne pourrez pas rester insensible à cette série venue d’outre-manche.

 Citation de Beth :

« How could you not know ? »

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Célébrons le cinéma comme il se doit…

Cela fait plusieurs années que j’ai du plaisir à suivre les cérémonies du 7ème art. Plus jeune, j’ai commencé par ne pas rater les César avec un enthousiasme débordant (notamment car Canal+ les diffuse en clair, c’est donc facile d’accès contrairement aux cérémonies étrangères). Enthousiasme qui s’est malheureusement dissipé au fil des années en me rendant compte que les français ne sont pas excellents dans cet exercice périlleux. En effet, il est difficile de tenir en haleine les téléspectateurs pendant 3h en parlant du cinéma intimiste comme du cinéma plus populaire, en laissant la parole à des techniciens recevant leur prix dont le public ne connait pas un nom, etc… Bref, moultes raisons font que ce programme est la « bête noire » de la télévision, sur laquelle s’acharnent souvent les médias, et plus récemment le public qui donne son avis sur les réseaux sociaux.

Salle du Théâtre du Chatelet lors de la Nuit des César en 2012

Salle du Théâtre du Chatelet lors de la Nuit des César en 2012

Alors bien sûr, Canal+ essaye d’insuffler du divertissement en mettant comme Maître de cérémonie (différent de Président, qui désigne la personnalité du cinéma ouvrant les César ; ici on parle plus du présentateur si l’on utilise le vocabulaire usuel) des touche-à-tout ayant comme trait commun l’humour. Ainsi, dans les années 2000-2010, défilent Antoine de Caunes, Alain Chabat (seulement en 2000), Edouard Baer (deux ans de suite), Valérie Lemercier et Gad Elmaleh, qui travailleront même en duo en 2010. Souvent considérée comme barbante, il y a une vraie volonté de rendre cette cérémonie plus légère et surtout divertissante. Etrangement, malgré le talent des personnalités qui se succèdent sur scène, le succès télévisuel n’est pas au rendez-vous. Jamais la presse n’a fait état d’une cérémonie grandiose, où tout le monde éclate de rire pendant 3 heures, où l’émotion vibre dans chaque parole… Non, le constat est souvent négatif voire indifférent. On peut tout de même noter des fulgurances chaque année, certains remettants de César font des mises en scène drôles et malignes. Mais cela reste trop rare sur une durée évaluée trop longue. Alors quel est le problème ? Pourquoi nous n’arrivons pas à divertir et à être diverti ? Nous, français, sommes-nous « chiants » ?

Oui, parfois c'est drôle et pertinent

Oui, parfois c’est drôle et pertinent

Il est intéressant d’opposer les César aux grandes cérémonies américaines. Car, oui, les américains sont les rois du divertissement concernant ce genre de programme. Comment font-ils pour faire rire les audiences présentent dans la salle et derrière l’écran à l’unisson ? D’abord, il faut expliquer que les salles de ces cérémonies, que ce soit en France ou aux USA, sont remplies de gens du cinéma ou de la télévision, d’artistes en somme. Et ces artistes sont, de l’autre côté de l’Atlantique, très clients des artistes sur scène. Là-bas, il y a le culte du show, du divertissement contrairement à la France, où le sérieux a l’air de primer dans le public des César. La salle du théâtre du Chatelet est souvent considérée comme froide et hermétique. J’ai lu un article, datant des derniers César en 2013, (que je ne retrouve pas) qui expliquait cette sensation de salle distante vis-à-vis de ce qui se passe sur scène et qui y est sûrement pour beaucoup dans le « non-succès » de la cérémonie. Si les personnalités présentes ont l’air de s’embêter, les vannes et les moments théâtraux tombent à plat, et tout le monde se retrouve mal à l’aise. Ce qui est frappant aux Etats-Unis, c’est l’envie de mise en scène constante, chacun participe à ce grand show télévisuel et le résultat est très satisfaisant.

Avouez qu'il en jette, ce cher Neil Patrick Harris

Avouez qu’il en jette, ce cher Neil Patrick Harris

Lors des derniers Emmy Awards, (récompenses honorant chaque année les meilleures émissions et les meilleurs professionnels de la télévision américaine) le présentateur Neil Patrick Harris (l’excellent interprète de Barney Stinson dans How I Met Your Mother) a mis le feu à la scène en enchaînant discours drôles, chants et danses comiques. Ces performances étaient très souvent en collaboration avec des personnalités fortes du petit écran américain tels Jimmy Fallon (animateur télé comique) ou Sara Silverman (actrice complètement hilarante) ou encore par de grands acteurs reconnus internationalement, comme Kevin Spacey avec son extraordinaire intervention faisant référence à son rôle actuel dans la série House of Cards (il prend la parole face caméra, parlant directement au téléspectateur, et se vantant d’être le chef d’orchestre caché de la cérémonie, comme son personnage de politique manipulateur dans HoC). Et c’est sans parler des Oscars qui proposent, tous les ans, un moment de divertissement incomparable en tant que cérémonie célébrant le cinéma.

Les artistes américains, qu’ils soient acteurs ou animateurs, humoristes ou journalistes, mouillent leur chemise pour rendre ces instants de télévision mémorables. Et cela fonctionne, on ne s’ennuie pas une seule seconde.

Alors, quand on a goûté à ce que proposent nos voisins outre-Atlantique, peut-on considérer la Nuit des César comme une cérémonie accomplie ? Le téléspectateur se sent-il intégré dans cette soit-disant « grande famille » qu’est le cinéma français ? Il est difficile d’en être convaincu mais ne perdons pas espoir. Cette année, la cérémonie est présentée par Cécile de France le 28 février prochain. Ayant une grande affection pour cette actrice belge au tempérament doux et jovial, j’espère être enfin satisfaite par cette soirée.

Cécile de France, Maîtresse de cérémonie des César 2014

Cécile de France, Maîtresse de cérémonie des César 2014

Rémi Bezançon, un réal français à connaître !

Parlons de Rémi Bezançon…

… Réalisateur d’une quarantaine d’années dont on ne sait pas grand-chose à part qu’il a étudié à la très reconnue école d’audiovisuelle, l’ESRA.

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Pourquoi parler de lui ?

J’aime ce qu’il fait, j’aime sa façon de faire des films, j’aime son univers. Rémi Bezançon a réalisé seulement quatre long-métrages, dont un animé qu’il a co-réalisé. Oui, le garçon n’a pas une vingtaine de films à son actif comme d’autres, cependant il ne manque pas de talent. A mes yeux, c’est un des réalisateurs français les plus doués du moment. Sa force est de raconter des histoires banales mais humaines, qui nous parlent à tous en dévoilant nos contradictions d’une manière visuelle douce avec des mots percutants.

Il a fait quoi ?

Son premier film, Ma vie en l’air, date de 2005. Il raconte l’histoire d’un trentenaire plein de contradictions, interprété par le très bon Vincent Elbaz, dans une mise en scène savoureuse et fluide. Les répliques sont travaillées et ne servent pas seulement à laisser glisser l’intrigue mais sonnent vraies. Marion Cotillard et Gilles Lellouche, en seconds rôles, complètent le tableau de cette comédie intrigante. Un vrai coup de cœur pour l’histoire de ce mec un peu paumé sentimentalement, professeur de pilotes de ligne mais qui a une peur bleue de monter dans un vrai avion…

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Le film le plus connu de Rémi Bezançon est Le Premier Jour du reste de ta vie. En effet, c’est son premier grand succès public et il fut nommé aux César en 2009 dans les catégories meilleur scénario original, meilleur réalisateur et meilleur film. Bezançon ne reçoit malheureusement aucun prix ; son talent fût récompensé à travers le César du meilleur espoir féminin pour Déborah François interprétant la benjamine de la famille, et le César du meilleur espoir masculin, pour Marc-André Grondin, le frère cadet. Car effectivement, le film retrace l’histoire tumultueuse d’une famille à travers 5 jours importants pour chacun. On retrouve la patte du réalisateur et scénariste dans les répliques qui fusent, ne tombant jamais à plat. Et une jolie mention pour la BO qui permet d’identifier les différentes époques et d’accompagner les personnages agréablement. (PS : Jacques Gamblin, je vous aime, vous êtes parfait dans ce film, merci merci merci pour tout)

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C’est en 2011 qu’il réalise son troisième long-métrage, Un heureux événement. Le scénario est tiré d’un roman d’Eliette Abecassis et a pour acteurs principaux le couple Louise Bourgoin et Pio Marmaï (déjà présent dans Le Premier Jour…). Comme le laisse entendre ce titre évocateur, le film raconte l’arrivée d’un enfant dans la vie de deux trentenaires. Que ce soit les joies et les peines, rien ne nous est épargné. Je suis plus réservée quant à ce film, j’ai eu des difficultés à m’attacher aux personnages et la vision de la triste réalité de la vie (baby blues, adultère, rupture ( ?)…) m’a laissé un sentiment négatif en tête que la jolie mise en scène n’a pu rattraper.

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Il va faire quoi ?

Je suis impatiente d’entendre à nouveau parler de lui et c’est avec enthousiasme que j’ai découvert qu’il retourne au genre de la comédie. En effet, il a achevé l’écriture de Nos futurs, l’histoire d’une crise de la quarantaine, en collaboration avec Jean-Christophe Lie (ils ont fait ensemble l’animé Zarafa). Le tournage ne semble pas avoir commencé car les interprètes sont inconnus à ce jour. Mais je ne désespère pas, j’attends des nouvelles de Rémi !

New girl.

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Les USA sont d’excellents fournisseurs de séries comiques de qualité. New girl en fait partie : c’est une sitcom complètement déjantée avec dans le rôle principal, Zooey Deschanel (actrice dans 500 days in summer, notamment). Elle EST la série. En effet, cette fille est connue pour ses extravagances et son côté loufoque notamment dans son groupe de musique She&Him. Ainsi, dans New girl elle met son grain de folie au service du personnage à tel point qu’on ne saurait les différencier.

La trame de l’histoire n’est pas bien épaisse ; la jeune femme vient de se faire larguer par son loser de copain et emménage dans un appartement avec trois colocs masculins. Ok, vous pensez voir le truc venir du type « Feux de l’Amour », à la limite du carré amoureux. Eh bien non ! Là est tout le talent des scénaristes, ils utilisent une base vieille comme le monde et la mélange à des personnages totalement barrés. Les dialogues sont savoureux de folie et les scènes souvent à la limite du burlesque.

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Peut être n’êtes-vous pas convaincu, vous avez le droit ! Mais je tente une dernière chose : à la manière de How I met your mother qui vaut le coup d’être vu (même par le plus réticent d’entre nous) au moins pour Barney Stinson, ici c’est clairement pour le personnage de Schmidt que vous devez vous planter devant un épisode juste une fois (ils ne durent que 20 minutes, ce serait dommage de s’en priver). Schmidt est un hybride de Barney et d’un mec obsessionnel pas à l’aise dans ses baskets laissant paraître le contraire. Ses répliques méritent de figurer comme références dans les meilleures soirées de votre vie ! Nick a son bagage de folie également, il est très attachant, sans oublier Winston qui est la cerise sur ce gâteau délirant.

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Il faut prendre cette sitcom juste pour ce qu’elle est : un programme qui ne se prend pas au sérieux, qui fait rire et passer un très bon moment.

Cette série a un charme indéniable alors lancez-vous dans ses trois saisons, si ce n’est pas déjà fait !

Citation de Schmidt :

« Winston, you’ve been staring at this girl for 5 minutes. Please tell me you’re checking her out, otherwise you’re a serial killer, which would explain a lot. »

Suits, avocats sur mesure.

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Suits est une série américaine créée en 2011 qui met en scène le quotidien des avocats dans un grand cabinet new-yorkais.

L’histoire en trois mots, c’est celle de Mike Ross, un jeune homme comme les autres, qui cherche à se trouver une place dans le monde professionnel. Mais ce qui le rend différent des autres, c’est son extraordinaire intelligence et surtout sa capacité à retenir toutes les informations qu’il lit. Un bon atout qui l’aide, par un jeu de hasard, à être pris comme assistant du grand avocat Harvey Specter (aussi connu pour ses victoires professionnels que pour son charme et son arrogance hors pairs). Cependant, Mike n’a pas de diplôme et, même si Harvey est au courant, la peur d’être découvert est toujours présente.

Par le bouche à oreilles, j’ai entendu de bons échos sur cette série, notamment par des étudiants en droit, ce qui a permis de me conforter dans l’idée que la série est crédible à ce niveau-là. Je ne vais rien vous cacher, le fait que Gabriel Macht (que j’ai adoré dans le film A love song for Bobby Long) incarne le rôle de Harvey Specter m’a aidé à m’attacher à la série. Je ne suis absolument pas objective quant à son talent d’acteur car je suis totalement sous son charme, alors chaque haussement de sourcils est pour moi parfait ! Non, plus sérieusement, c’est un bon acteur qui gagnerait à être connu.

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La série est également bien lôtie du côté féminin : les trois personnages de Donna, Rachel et Jessica sont joués par de magnifiques actrices au charisme évident. Alors oui, Suits est servi par un casting qui passe bien à l’image mais on y trouve également beaucoup d’humour, des scènes cocasses et des scènes d’émotion. Pour ma part, je ne vis qu’à travers Donna qui me fait tellement rire et à laquelle je me suis tout de suite identifiée (même si elle est rousse et pleine de classe, ce que je ne suis absolument pas). Sa relation avec Harvey est géniale et je n’attends qu’une chose, que cela aille plus loin ! (messieurs les scénaristes, si vous me lisez, faites quelque chose !). Louis Litt, « l’ennemi » de Harvey au cabinet, a également un rôle cartoonesque qui ravira les fans de personnages un peu fous.

J’admettrai peut être un seul bémol : je suis entrain de visionner la troisième saison et j’avoue me lasser un peu du langage juridique au point de laisser tomber pour comprendre certaines scènes. Se souvenir qu’untel les attaque en justice car machin a dit que… c’est un peu trop pour moi, surtout que le rythme est assez effréné.

Pour infos et pour ceux qui suivent Game of Thrones, il y a Michelle Fairley (Lady Catherine Stark) et Conleth Hill (Lord Varys) qui jouent des rôles récurrents dans la troisième saison. Assez étonnant de les voir dans des tailleurs et costards alors qu’on a en tête les costumes médiévaux de GoT !

Ainsi, je ne peux que vous conseillez de regarder cette série pour toutes les raisons énoncées mais je suis consciente qu’elle ne peut pas plaire à tout le monde, surtout sur la durée.

Citation de Louis Litt :

« I always pay my debts. I’m a Lannister » (référence à Game of Thrones).

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The Artist.

Hollywood 1927. George Valentin est une vedette du cinéma muet à qui tout sourit. L’arrivée des films parlants va le faire sombrer dans l’oubli. Peppy Miller, jeune figurante, va elle, être propulsée au firmament des stars. Ce film raconte l’histoire de leurs destins croisés, ou comment la célébrité, l’orgueil et l’argent peuvent être autant d’obstacles à leur histoire d’amour.

The Artist, un titre en anglais pour un film où l’intrigue se déroule à Hollywood, mais qui a la langue universel du corps. Du début à la fin, excepté un passage intriguant, aucun son ne sort des bouches des acteurs ou des rues effervescentes. Silence total. La musique est seule à jouer sa partition pour accompagner cette maîtrise des corps racontant une histoire. Mais comment comprend-t-on toute l’intrigue, me direz-vous. Seulement avec la gestuelle des personnages ? Le film est ponctué d’écrans noirs où s’affichent des phrases de dialogues à la manière d’un Chaplin. L’art du film muet est respecté : comique gestuel de rigueur mais émotion sont au rendez-vous.

Qui n’a jamais rêvé de faire un film français au coeur du temple du cinéma américain ? Michel Hazanavicius réussit brillamment à nous transporter à cette époque importante de l’Histoire du 7ième art, ou le muet est devenu parlant. Casting de choix pour l’interprétation de l’étoile montante et de l’étoile déchue, avec une Bérénice Béjo et un Jean Dujardin au top de leur performance physique (scène de fin maîtrisée !). Sans oublier de mentionner la présence de John Goodman, James Cromwell et une courte apparition de Malcolm McDowell (Orange Mécanique). Mention spéciale au chien Uggy qui interprète avec brio un tour hilarant et adorable à plusieurs reprises au cours du film, et qui se montre essentiel pour son maître, George Valentin.

J’ai adoré ce film, alliant rire et émotion à merveille, et offrant au spectateur l’occasion de redécouvrir le plaisir du muet et de la parole du corps. Un enchantement de 7ème art !

Les femmes du 6ème étage.

Paris, années 60. Jean-Louis Joubert, agent de change rigoureux et père de famille « coincé », découvre qu’une joyeuse cohorte de bonnes espagnoles vit… au sixième étage de son immeuble bourgeois.

A l’occasion de la sortie DVD, je me suis procurée ce film car j’en avais eu de bons échos et j’ai voulu avoir mon propre avis. Luchini au générique, une histoire un peu drôle : voilà qui me donne envie. Et l’envie n’attend pas.

Les premiers mots qui me viennent à l’esprit pour caractériser ce long-métrage sont « tendre comédie ». En effet, on retrouve un Luchini tel un gentilhomme envahissant, malgré lui, l’univers de domestiques espagnoles. La crédulité dont il fait preuve en découvrant ce monde fait sourire et amuse, on se prend d’affection pour le personnage. Face à lui, la jovialité des espagnoles enchantent le cœur et l’ouïe : les répliques en langue originales sont chantantes et apportent une touche dynamique.

Les personnages sont sympathiques, de la femme de Luchini (Sandrine Kiberlain), en passant par les enfants insolents jusqu’aux bonnes espagnoles… On passe de joyeux moments avec eux.

L’histoire d’amour reste cependant un poil trop survolée, trop de légèreté tue la légèreté.

La fin ne m’a pas tant convaincue que cela, mais je reste satisfaite de ce petit film sans prétention qui est quand même bien agréable à regarder.