L’âge d’or des films de super-héros : bientôt le déclin ?

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Depuis le début des années 2000, Hollywood produit plusieurs films de super-héros par an. Mais alors que cet âge d’or semble encore d’actualité, certains grands noms du cinéma américain, comme Steven Spielberg et Robert Downey Jr, préviennent de son possible déclin.

En 2015, Ant-Man, Avengers 2, en 2016 Superman vs Batman, Suicide Squad… Chaque année, les films de super-héros envahissent les écrans du monde entier. Dans l’Amérique post-11 septembre, le genre est devenu dominant dans l’industrie hollywoodienne. Pourtant, il semble s’essouffler et perdre du terrain.

Une des voix qui s’élèvent pour avertir du déclin du genre, c’est celle de Steven Spielberg. Dans une interview donnée à l’Associated Press, pour la sortie de son film Le Pont des Espions, (octobre 2015) le réalisateur américain explique : « Il y aura un moment où les super-héros emprunteront le même chemin que le western ». Il nuance son propos en ajoutant que « cela ne signifie pas que le western n’aura plus d’occasion de revenir ou que les super-héros ne reviendront pas. » Ces propos font suite à ceux qu’il a tenu en 2013, avec George Lucas, lors d’une conférence face aux élèves de l’école de cinéma de l’Université de Californie du Sud (USC). A l’époque, Spielberg avait été très pessimiste sur l’avenir du 7ème art, parlant du fait que les studios préfèrent produire un film à 250 millions de dollars plutôt que de s’intéresser à des petits projets originaux. D’après lui, « il y aura une implosion le jour ou trois-quatre, voire une demi-douzaine, de ces films aux budgets énormes vont se planter, et le modèle va encore changer. »

Même les acteurs participant à ces films de super-héros ont un recul critique sur le genre. L’acteur Robert Downey Jr, célèbre pour avoir prêté ses traits à Tony Stark aka Iron Man, est lui aussi sceptique quant à l’avenir des films de super-héros. Il a déclaré, au Telegraph en octobre dernier, que « le genre commence doucement à s’essouffler. On peut même parler d’un petit coup de vieux. L’été dernier, il y a eu quoi, 5 ou 7 films de super-héros ? Et ils ne sont pas reçus pareil que les autres films… ». Selon lui, « les spectateurs leur pardonnent davantage leurs défauts, car ils sont devenus un rendez-vous fréquent pour eux ». L’acteur évoque du bout des lèvres un problème important, les défauts de ces oeuvres. Les films du genre se suivent les uns et les autres, et ne semblent prendre forme que pour engendrer des recettes. L’originalité et la qualité se cachent sous le tapis du spectaculaire : des batailles, des explosions, beaucoup de bruit mais pas de parti pris artistique. Il apparaît même que les films sont de moins en moins bons.

ALORS, ÂGE D’OR OU DÉCLIN PROCHE ?

Pourtant, les studios de cinéma Disney et Marvel ont un planning bien chargé pour les années à venir. Après la Phase 2 avec le film Ant-Man (sorti en juillet 2015), Marvel entame la Phase 3 de son projet global. Cette phase contient 9 long-métrages et s’étalera jusqu’en 2019. La Warner, quant à elle, développe sa Justice League et la Fox continue à produire les X-Men et Les 4 Fantastiques.

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Pour autant, même si la production s’accélère en passant de 7 à 8 films par an au lieu de 3 à 4 films entre 2011 et 2015, tout n’est pas rose au pays des super-héros. « Vous ne pouvez pas tous avoir du succès en faisant la même chose », déplore l’analyste Doug Creutz dans un rapport intitulé Memo pour Hollywood, paru en mars 2015. Le système n’est pas viable sur le long terme. Mais le plus grave dans cette course au « reboot » (nouvelle version d’un film, ndlr) à gros budget, c’est la conséquence sur l’industrie cinématographie globale. Dans son rapport relayé par Hollywood Reporter, Doug Creutz explique : « L’état du box-office continue d’empirer alors que les studios resserrent leurs stratégies autour des blockbusters (…) Nous sommes de plus en plus soucieux envers les stratégies quasi-identiques des grands studios, qui risquent d’endommager l’industrie et accélérer les tendances séculaires négatives déjà existantes. ». La fin des films de super-héros apparaît de plus en plus proche et même nécessaire pour éviter à Hollywood de foncer dans le mur.

POURQUOI LES FILMS DE SUPER-HÉROS ?

Pendant encore quelques années, les films de super-héros semblent être une valeur sûre pour les studios américains. Mais pourquoi sont-ils devenus aussi omniprésents dans le paysage cinématographique actuel ? L’une des raisons principales est d’ordre pratique : les progrès techniques ont permis de nouveaux effets spéciaux, ce qui a donné les outils nécessaires aux producteurs pour monter des films ambitieux. L’autre raison importante est l’attrait des spectateurs pour les comics, ces bandes-dessinés sur les super-héros qui ont une grande influence sur la pop culture. Les studios américains l’ont bien compris et usent et abusent de cet attrait.

Alors que cette année 2015 se termine avec seulement 3 films de super-héros au compteur, l’agenda cinéma du genre sera bien rempli début d’année 2016 : Batman VS Superman sort le 23 mars, Captain America : Civil War le 27 avril, X Men : Apocalypse le 18 mai 2016.

Donc un déclin proche, oui, mais pas pour tout de suite. Dans une interview au journal 20 Minutes en 2014, Philippe Guedj, journaliste et auteur du livre Comics sur les super-héros américains, nous met en garde : « Nous allons effectivement bouffer du super-héros pendant au moins les cinq prochaines années ». Si vous n’êtes pas adepte du genre, vous êtes prévenus.

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