Synopsis : Dans l’Amérique des années 50, Frank et April Wheeler se considèrent comme des êtres différents des autres. Ils ont toujours voulu fonder leur existence sur des idéaux élevés. Lorsqu’ils emménagent dans leur nouvelle maison sur Revolutionary Road, ils proclament fièrement leur indépendance. Jamais ils ne se conformeront à l’inertie banlieusarde qui les entoure, jamais ils ne se feront piéger par les conventions sociales.
Pourtant, malgré leur charme et leur insolence, les Wheeler deviennent exactement ce qu’ils ne voulaient pas : un homme coincé dans un emploi sans intérêt ; une ménagère qui rêve de passion et d’une existence trépidante. Une famille américaine ordinaire ayant perdu ses rêves et ses illusions.
Décidée à changer de vie, April imagine un plan audacieux pour tout recommencer, quitter leur petite routine confortable dans le Connecticut pour aller vivre à Paris…
Critique subjective : (présence de spoilers ! Légers, mais je préfère prévenir avant d’avoir un procès aux fesses).
Je voulais voir ce film depuis longtemps, c’est chose faite ! Et en VOST mesdames et messieurs, pour en apprécier totalement les nuances.
J’ai envie de parler tout de suite de la profondeur de cette histoire, de ce qu’elle véhicule sur la société humaine, sur la vie rêvée. Mais parlons d’abord des acteurs.
Kate Winslet et Leonardo DiCaprio à nouveau réunis à l’écran quelques années après le fameux Titanic. Est-ce que ce couple nous fait toujours rêver ? La réponse est oui : ils s’accordent parfaitement, on sent une complicité entre ces deux acteurs même si dans le film présent, la relation est plutôt explosive entre leurs personnages.
Personnellement, les voir à l’écran, voir ces deux magnifiques acteurs se donner la réplique m’a donné des frissons pendant tout le film. Je crois que je ne pourrais pas décrire ce que je ressens à leur égard, si ce n’est bien sûr une profonde admiration. Ils choisissent tous les deux des rôles à la mesure de leur talent et sont porteurs de bien des messages. Une personnalité reconnue se doit, d’une certaine manière, d’être la vitrine de ce qu’il faut dénoncer, de ce qu’il faut mettre en lumière pour faire avancer les choses. Winslet et DiCaprio avec The Reader et Blood Diamond, entre autres, y parviennent avec efficacité. Voilà, une des raisons qui me fait les aimer.

Pour revenir au film
Revolutionary Road, l’histoire est adaptée d’un livre (du même nom écrit par Richard Yates). C’est souvent comme ça qu’on se retrouve face à une intrigue profonde et fouillée (même si beaucoup d’adaptations sont catastrophiques, l’histoire reste souvent un élément réussi). Je n’ai pas lu le livre, je ne sais pas si je le lirai un jour mais j’ai apprécié la transposition de la vie de ce couple à l’écran.
J’ai ressenti une foultitudes d’émotion avec ces personnages : je suis passée du bonheur intérieur (vous savez, quand on sent que notre cœur se réchauffe dans notre poitrine) à une tension physique lors des disputes du couple, mais aussi parfois de l’incompréhension face à une épouse complètement déboussolée et de la tristesse de voir l’histoire se finir ainsi. J’ai aussi eu un goût amer dans la bouche lors du dernier plan du film. Ce monsieur aux yeux vides, éteignant son sonotone pour ne plus entendre les pépiements de sa commère de femme sur la vie du quartier, m’a inspiré un sentiment de pitié mêlé à une impression de mal être.
Et c’est là que je vais essayer de parler des messages que véhicule le film. Je dis bien essayer car on peut en faire des interprétations différentes mais je vais vous exposer la mienne, en espérant être claire et pas trop brumeuse.
Je pense que ce film est une critique de la société humaine qui met les gens dans les cases et qui engendre une pression sur les hommes et les femmes, ce qui les déboussole et les contraint à vivre une vie ordinaire. On le sent bien quand April se rend compte qu’elle ne vit pas ce qu’elle veut et qu’elle pousse son mari à partir habiter à Paris. Finalement, ils ne partiront pas et resteront rangés dans leur case comme la société qui les entoure le veut.
De plus, la voisine est la personnification de cette société étouffante, qui épie presque chacun de vos gestes, qui vous admire un jour et vous descend de ce piédestal non demandé le lendemain par des remarques assassines. On comprend pourquoi ce monsieur, fatigué de ces commérages, éteint l’appareil pour retrouver le silence.
C’est un peu une fresque de la vie sociale qui existait à cette époque mais qu’on retrouve encore de nos jours. Le couple destructeur que représentent April et Frank soulève des questions nécessaires : l’amour résiste-t-il à une liberté entravée ? Peut-on avoir une vie ordinaire et s’en sortir socialement ou faut-il tout abandonner pour vivre notre vie rêvée en passant outre la pression de la société ?
Ainsi, je termine en quelques mots : j’ai aimé ce film d’abord pour les acteurs, puis pour l’histoire profonde qui m’a fait réfléchir sur les relations humaines et sur le poids de la société sur celles-ci. Sans oublier un esthétisme agréable permettant de vivre totalement dans les années 50 avec ces Américains du Connecticut.
Un beau film, à voir.
La réplique :
”Ce que je veux April, c’est ressentir les choses, les vivre vraiment. Tu vois, c’est ça mon ambition.”
Frank Wheeler à April Wheeler.