LE DISCOURS D’UN ROI.
24 février 2011 Laisser un commentaire
Synopsis : D’après l’histoire vraie et méconnue du père de l’actuelle Reine Elisabeth, qui va devenir, contraint et forcé, le Roi George VI (Colin Firth), suite à l’abdication de son frère Edouard VIII. D’apparence fragile, incapable de s’exprimer en public, considéré par certains comme inapte à la fonction, George VI tentera de surmonter son handicap grâce au soutien indéfectible de sa femme (Helena Bonham Carter) et d’affronter ses peurs avec l’aide d’un thérapeute du langage, Logue, (Geoffrey Rush) aux méthodes peu conventionnelles. Il devra vaincre son bégaiement pour assumer pleinement son rôle, et faire de son empire le premier rempart contre l’Allemagne nazie.
Critique subjective : J’ai vu ce film en VO et j’estime que c’est essentiel pour en apprécier toutes les subtilités. N’oublions pas que l’intrigue est avant tout tenue par l’orthophoniste, interprété par le très bon Geoffrey Rush, qui fait travailler le Roi George VI, « Bertie », sur son problème d’élocution. Le langage est donc très important tout au long du film.
The King’s Speech (de Tom Hooper) nous plonge dans l’univers royal pendant presque deux heures. Cependant, contrairement à The Queen (basé sur la vie de la Reine Elisabeth, la fille du Roi George VI) qui m’avait ennuyé voir déplu, ce film nous montre avant tout la relation qui s’établit entre deux hommes. On peut la qualifier d’amitié, d’aide, de support : l’orthophoniste, Logue, d’abord considéré comme incompétent par « Bertie », se rend indispensable et devient un ami cher. Ce long-métrage est avant tout une histoire sur un lien qui se tisse entre des personnes que tout oppose, un Roi et un simple citoyen.
C’est cet aspect qui m’a énormément plu dans ce film. On suit l’évolution de la relation des deux hommes avec appréhension et tendresse. Le dépassement de soi est aussi une thématique du film : le bégaiement doit être vaincu et tout le monde met du sien pour y parvenir.
Cette belle histoire ne sera pas ce qu’elle est sans la merveilleuse interprétation de Colin Firth en tant que Roi. Il donne vie à la rage de son personnage, lui offre une palette de sentiments subtile, passe du désespoir à l’humour (anglais, of course). Le cinéma américain se doit de saluer cette performance et j’espère de tout cœur que Colin Firth obtiendra l’Oscar du Meilleur Acteur pour lequel il est nommé.
Helena Bonham Carter, qui joue sa femme, nous régale aussi par son espièglerie et son allure royalement simple. Son personnage nous paraît sympathique et efface toute distance entre le peuple et la couronne, sans pour autant perdre de son charisme. Geoffrey Rush nous livre aussi une belle prestation avec une irrémédiable fantaisie anglaise (ironique pour un Australien pur souche).
Je signale aussi, qu’en plus d’avoir apprécié l’histoire et les acteurs, j’ai beaucoup aimé l’ambiance du film. Les décors et la mise en scène ont été travaillé et cela se voit : Colin Firth est souvent filmé sur fond vide, le but étant de donner une impression de solitude et de détresse face au handicap, alors que Geoffrey Rush est toujours placé dans des endroits plus chaleureux et occupés. De plus, le London Fog ajoute un aspect plus énigmatique à l’image et on a la sensation que la vraie Angleterre apparaît à l’écran.
Je conseille vivement ce film et que, celui qui ne l’a pas encore vu, court au cinéma le plus proche.
La réplique :
“- Vous avez trébuché deux ou trois fois au début…
- Il fallait bien que je trébuche pour qu’ils me reconnaissent !”
L’orthophoniste et le Roi, après qu’il ait prononcé son discours à la radio.



